Prénom arabe garçon : le top 40 réel en France en 2025

Les prénoms arabes les plus donnés aux garçons en France en 2025 sont Mohamed (1 790 bébés), Ibrahim (1 575), Imran (1 360), Zayn (1 245) et Ismaël (1 060) — et si l’on cumule les 17 graphies de Mohamed, le total atteint 2 910 bébés, ce qui en ferait le 7ᵉ prénom de France, toutes origines confondues. Ces chiffres ne viennent pas d’un sondage ni d’une liste recopiée : ils sortent du fichier des prénoms de l’Insee, millésime 2025, publié le 16 juillet 2026, que nous avons dépouillé ligne par ligne.

En bref

  • Mohamed reste n° 1 des prénoms arabes en France, mais son écriture s’éclate en 17 graphies qui masquent son poids réel.
  • Le stock a entièrement tourné en une génération : Karim, Mehdi, Farid et Samir se sont effondrés, remplacés par des prénoms courts d’origine coranique (Imran, Zayn, Kaïs, Issa, Haroun).
  • Cinq prénoms battent leur record absolu en 2025 : Zayn, Haroun, Omar, Yahya et Junayd.
  • Attention aux faux amis : Adam est hébreu, Yanis est grec, Aylan est turco-kurde — trois prénoms couramment classés « arabes » à tort.

Les 40 prénoms arabes les plus donnés en France en 2025 #

Le tableau ci-dessous croise deux choses que les listes de prénoms ne croisent jamais : le nombre réel de bébés qui ont reçu ce prénom en 2025 en France (source Insee, arrondi au multiple de 5) et le sens du mot en arabe. Le « rang national » est la place du prénom dans le classement de tous les prénoms masculins donnés en France, arabes ou non.

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# Prénom Bébés en 2025 Rang national Sens en arabe
1 Mohamed 1 790 21 « digne de louange », de la racine ḥ-m-d
2 Ibrahim 1 575 26 forme arabe d’Abraham
3 Imran 1 360 31 famille d’Imran, titre de la 3ᵉ sourate
4 Zayn 1 245 38 « beauté, ornement »
5 Ismaël 1 060 49 forme arabo-biblique d’Ismaël
6 Kaïs 1 020 55 Qays, le poète de Majnûn Laylâ
7 Amir 1 015 56 « prince, celui qui commande »
8 Rayan 945 58 « luxuriant » ; nom d’une porte du Paradis
9 Naïm 860 67 « félicité, douceur »
10 Ali 810 73 « élevé, sublime »
11 Issa 800 75 forme arabe de Jésus
12 Anas 685 91 « compagnie, affabilité »
13 Youssef 580 102 forme arabe de Joseph
14 Zayd 560 105 « croissance, abondance »
15 Ilyes 550 107 forme arabe d’Élie
16 Younes 510 116 forme arabe de Jonas
17 Moussa 505 119 forme arabe de Moïse
18 Ayoub 495 124 forme arabe de Job
19 Haroun 495 123 forme arabe d’Aaron
20 Idriss 480 128 prophète cité dans le Coran
21 Hamza 465 132 « lion » ; oncle du Prophète
22 Zakaria 460 133 forme arabe de Zacharie
23 Omar 415 144 « qui vit longtemps »
24 Wassim 405 147 « beau, au visage avenant »
25 Ahmed 385 156 même racine que Mohamed
26 Amine 385 155 « digne de confiance, loyal »
27 Yassine 375 159 les lettres Yâ-Sîn, 36ᵉ sourate
28 Aymen 320 174 « béni, favorisé »
29 Nassim 305 183 « brise légère »
30 Jad 275 198 « générosité »
31 Malik 255 209 « roi, souverain »
32 Yahya 240 228 forme arabe de Jean
33 Bilal 235 234 Bilal ibn Rabah, premier muezzin
34 Khalil 225 243 « ami intime »
35 Salim 210 258 « sain et sauf »
36 Adel 200 272 « juste, équitable »
37 Issam 195 278 « protection, sauvegarde »
38 Mehdi 180 295 « le bien guidé »
39 Anis 160 327 « compagnon agréable »
40 Karim 100 459 « généreux, noble »

Deux enseignements sautent aux yeux. D’abord, douze de ces prénoms figurent dans les 100 premiers de France — ce ne sont pas des prénoms de niche, ce sont des prénoms français courants. Ensuite, une grande partie sont des formes arabes de figures bibliques : Ibrahim (Abraham), Ismaël, Youssef (Joseph), Moussa (Moïse), Haroun (Aaron), Ayoub (Job), Younes (Jonas), Yahya (Jean), Issa (Jésus), Zakaria (Zacharie), Ilyes (Élie). Un parent qui cherche un prénom « qui passe des deux côtés » a là un vivier tout trouvé.

Le chiffre que personne ne publie : Mohamed pèse deux fois plus qu’annoncé #

Tous les classements de prénoms rangent Mohamed au 21ᵉ rang français en 2025, avec 1 790 bébés. C’est exact — et c’est trompeur. L’Insee compte chaque graphie séparément, or ce prénom s’écrit d’au moins dix-sept façons en France selon que la famille translittère depuis l’arabe, le turc, l’ourdou ou le wolof.

Graphie Bébés en 2025 Rang de cette graphie
Mohamed 1 790 21
Mohammed 290 189
Muhammad 220 249
Mouhamed 150 337
Mohammad 145 347
Muhammed 65 646
Mouhammad 60 684
Mouhamadou 55 729
Mohamad 45 865
Mouhamad 40 940
Mouhammed 15 1877
Muhamed 10 2477
Muhammet 5 4345
Muhamet 5 4350
Muhamad 5 4351
Mohaned 5 4386
Mouhammadou 5 4368
Cumul des 17 graphies 2 910 7ᵉ rang de France

Cumulé, le prénom atteint 2 910 bébés, ce qui le placerait 7ᵉ prénom masculin de France en 2025 : devant Arthur (2 875) et juste derrière Jules (3 040). Aucune de ces graphies prise isolément n’entre dans le top 20. C’est le principal biais de lecture des classements de prénoms, et il joue aussi pour Ismaël (2 015 en cumulant Ismaël, Ismaïl, Ismael et Ismail), Imran (2 145 avec Imrân et Imrane) ou Ilyes (1 020 avec Ilyas, Elyes, Ilyess et Ilies).

Un prénom qui s’écrit de dix-sept manières est dix-sept fois moins visible dans un classement qu’un prénom qui n’a qu’une orthographe. Ce n’est pas une question de popularité, c’est une question de comptage.

La bascule générationnelle : les prénoms des parents ont disparu #

C’est le mouvement le plus net du fichier Insee, et il est presque invisible dans les articles sur le sujet. Les prénoms arabes portés par la génération arrivée en France dans les années 1960-1980 ont quasiment cessé d’être donnés.

Prénom Record historique En 2025 Chute
Karim 1 515 (1981) 100 ÷ 15
Mehdi 1 545 (1991) 180 ÷ 9
Farid 710 (1975) 20 ÷ 36
Samir 700 (1985) 55 ÷ 13
Rachid 680 (1979) 30 ÷ 23
Sofiane 990 (2005) 110 ÷ 9
Nabil 420 (1983) 65 ÷ 6
Djamel 250 (1972) 15 ÷ 17

Karim, qui culminait à 1 515 bébés en 1981, n’est plus donné que 100 fois. Farid est passé de 710 (1975) à 20. Mehdi, prénom vedette du début des années 1990 avec 1 545 bébés en 1991, tombe à 180. Autrement dit : les prénoms que portaient les pères ne sont plus donnés aux fils. C’est un schéma classique en onomastique — un prénom trop marqué par une génération devient inutilisable pour la suivante — mais il est ici particulièrement brutal.

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Ce qui les remplace n’est pas « plus moderne » : c’est plus classique. Les prénoms qui montent sont pour l’essentiel coraniques, courts, et souvent antérieurs de plusieurs siècles à ceux qu’ils remplacent.

Prénom En 2000 En 2015 En 2025 (record absolu)
Zayn 0 50 1 245
Haroun 10 310 495
Omar 170 330 415
Yahya 20 115 240
Junayd 0 35 135

Zayn n’existait pratiquement pas en France avant 2010 (5 bébés) : il en compte 1 245 en 2025, son record absolu. Haroun, Omar, Yahya et Junayd établissent eux aussi leur meilleure année depuis 1900. Dans le même mouvement, Ali (810), Ibrahim (1 575), Moussa (505) et Imran (1 360) tournent autour de leur maximum historique, atteint en 2022, 2024 ou 2025.

Prénoms arabes rares : 20 noms réellement donnés, avec leurs effectifs #

« Rare » ne veut pas dire « inventé ». Les prénoms ci-dessous sont tous attestés à l’état civil français en 2025, mais donnés à moins de 250 bébés — de quoi éviter les trois Adam de la classe de maternelle sans partir sur un prénom que personne ne saura ni lire ni écrire.

Prénom Bébés en 2025 Rang national Sens
Ishaq 245 223 forme arabe d’Isaac
Qassim 245 218 « celui qui partage »
Junayd 135 368 « petit combattant »
Riyad 125 387 « jardins »
Marwan 120 400 pierre de silex
Yasser 120 397 « aisé, facile »
Amjad 120 407 « le plus glorieux »
Safwan 115 411 « rocher lisse, pur »
Ziyad 100 453 « croissance »
Walid 85 509 « nouveau-né »
Adil 85 537 « juste »
Saad 80 544 « bonheur, chance »
Taha 70 605 lettres Tâ-Hâ, 20ᵉ sourate
Nouh 65 641 forme arabe de Noé
Othman 60 681 le 3ᵉ calife
Saïd 50 778 « heureux »
Aziz 45 912 « puissant, cher »
Nadir 35 1023 « rare, précieux »
Tarek 25 1287 « celui qui frappe à la porte »
Tariq 20 1476 graphie classique de Tarek

Notre conseil de lecture de ce tableau : les prénoms entre 100 et 250 bébés (Ishaq, Qassim, Safwan, Junayd, Riyad, Marwan) sont le bon compromis — assez rares pour être distinctifs, assez portés pour ne pas être perçus comme excentriques. En dessous de 30 bébés par an (Tariq, Tarek), le prénom est authentiquement rare en France, ce qui n’a rien de gênant en soi mais suppose d’épeler son prénom toute sa vie.

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Les faux amis : cinq prénoms qu’on croit arabes et qui ne le sont pas #

  • Adam (2 810 bébés, 9ᵉ de France) est d’origine hébraïque — de l’hébreu adamah, « la terre ». Il figure dans le Coran sous la forme آدم et il est très donné dans les familles arabophones, mais son étymologie n’est pas arabe : c’est un prénom commun aux trois monothéismes. Même chose pour Ibrahim, Moussa ou Youssef, qui sont les formes arabes de noms hébraïques.
  • Yanis (735 bébés, 83ᵉ) est grec : c’est la forme moderne de Ioannis, soit Jean. Sa forte diffusion dans les familles maghrébines de France a créé la confusion, mais le mot n’a pas de racine arabe.
  • Aylan (1 320 bébés, 32ᵉ) est d’usage turc et kurde.
  • Ayden et Kayden (1 710 et 865 bébés) sont des créations anglo-saxonnes récentes, sans lien avec l’arabe malgré la sonorité.
  • Naël (1 320 bébés, 33ᵉ) est le cas réellement discuté : on lui prête une origine arabe (نائل, « celui qui obtient ») et une origine bretonne. Les deux filiations sont défendues, et aucune ne fait consensus — si l’étymologie compte pour vous, sachez que le débat existe.

Ce que dit la loi française sur le choix du prénom #

Concrètement, pour un parent : vous choisissez librement le prénom de votre enfant, y compris un prénom arabe, y compris une graphie inhabituelle. C’est la loi n° 93-22 du 8 janvier 1993 qui a supprimé l’obligation de choisir dans une liste (article 57 du Code civil). La déclaration de naissance se fait en mairie dans les cinq jours qui suivent l’accouchement.

L’officier d’état civil ne peut pas refuser un prénom : s’il l’estime contraire à l’intérêt de l’enfant, il enregistre puis avise le procureur de la République, qui peut saisir le juge aux affaires familiales. En pratique, les refus concernent des prénoms manifestement préjudiciables, pas des prénoms étrangers. Sur les signes diacritiques, la Cour de cassation a validé le tilde du prénom breton Fañch le 17 octobre 2019 — une jurisprudence utile pour les graphies portant des accents ou des trémas comme Kaïs, Ismaël ou Naïm.

Comment choisir, concrètement #

  1. Testez le prénom à voix haute avec le nom de famille. Les prénoms arabes se terminant par une voyelle ouverte (Moussa, Hamza, Issa) s’enchaînent mal avec un nom commençant par la même voyelle.
  2. Choisissez la graphie une fois pour toutes. C’est le point le plus concret de cet article : entre Ismaël, Ismaïl, Ismael et Ismail, la variante retenue suivra votre fils sur tous ses documents pendant quatre-vingts ans. Une graphie sans tréma ni accent lui épargnera un nombre considérable de formulaires mal remplis.
  3. Vérifiez le sens, pas seulement la sonorité. Les significations du tableau ci-dessus sont celles de la racine arabe, pas des interprétations.
  4. Regardez la courbe, pas seulement le classement. Un prénom au sommet de sa vague (Zayn, Imran) sera très porté dans la classe d’âge de votre enfant ; un prénom en début de courbe (Yahya, Junayd) le sera beaucoup moins.

Questions fréquentes #

Quel est le prénom arabe le plus donné en France ?

Mohamed, avec 1 790 bébés en 2025 selon l’Insee, ce qui le place au 21ᵉ rang de tous les prénoms masculins français. Si l’on additionne ses 17 graphies (Mohammed, Muhammad, Mouhamed, Mohamad…), le total monte à 2 910 bébés, soit l’équivalent du 7ᵉ prénom de France.

Un prénom arabe est-il forcément un prénom musulman ?

Non. Arabe désigne une langue, musulman une religion, et les deux ensembles ne se recouvrent pas. Des prénoms arabes comme Amir, Karim ou Nadir sont des mots de la langue arabe sans contenu religieux, et ils sont portés par des chrétiens d’Orient. À l’inverse, beaucoup de prénoms musulmans très répandus ne sont pas arabes : ils sont turcs, persans, indonésiens ou d’Afrique de l’Ouest.

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Peut-on donner n’importe quel prénom arabe à son enfant en France ?

Oui. Depuis la loi du 8 janvier 1993, les parents choisissent librement le prénom, sans liste imposée. L’officier d’état civil enregistre le prénom même s’il le juge discutable ; il ne peut que signaler le cas au procureur de la République, qui saisit éventuellement le juge aux affaires familiales si le prénom paraît contraire à l’intérêt de l’enfant.

À retenir #

Le classement réel des prénoms arabes en France ne ressemble pas aux listes qui circulent : Mohamed y domine toujours mais son poids est dissimulé par l’éclatement des graphies, et le vivier s’est entièrement renouvelé en une génération, au profit de prénoms courts et coraniques comme Imran, Zayn, Kaïs, Issa et Haroun. Cinq d’entre eux battent en 2025 leur record depuis 1900. Si vous cherchez la rareté, visez la tranche des 100 à 250 bébés par an ; si vous cherchez la sécurité administrative, choisissez la graphie la plus simple et tenez-vous-y.

Pour aller plus loin dans le même dossier : le prénom garçon le plus donné toutes origines confondues, notre comparatif prénom américain garçon qui montre que les Américains ne donnent pas du tout les prénoms que les Français croient américains, la sélection prénom court garçon de trois et quatre lettres, et le classement prénom espagnol garçon — dont une partie du stock est, précisément, d’origine arabe. Vous pouvez aussi consulter les prénoms garçon en P et notre page sur la compatibilité des prénoms.

Sources : Insee, Fichier des prénoms, millésime 2025 (publié le 16 juillet 2026, fichier national dépouillé par nos soins) · Insee, Top 10 des prénoms en France en 2025 · Loi n° 93-22 du 8 janvier 1993, article 57 du Code civil.

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Ruth Duvernois

L'éveil et les apprentissages des jeunes enfants sont au cœur de mon travail depuis une dizaine d'années, entre lectures spécialisées et terrain. J'écris sur les activités créatives et éducatives à proposer selon l'âge, le développement du langage, la motricité et tout ce qui aide un enfant à grandir en confiance. J'aime traduire des notions de pédagogie en idées simples, réalisables à la maison avec peu de matériel. Avant de partager une activité ou un repère de développement, je m'appuie sur des sources sérieuses et je rappelle que chaque enfant avance à son rythme : il n'y a pas de norme rigide. Je me tiens à distance des injonctions culpabilisantes faites aux parents. Mon angle : encourager, outiller et rassurer, en montrant que l'apprentissage passe d'abord par le jeu et la relation. Je veux des contenus utiles aux familles comme aux professionnels de la petite enfance.

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