Plutôt que d’ajouter des interdictions, le think tank Terra Nova propose de s’attaquer à ce qui pousse les familles vers les écrans : le manque de lieux pour jouer et l’isolement des jeunes parents. Le rapport « Enfants et écrans : prendre le problème à la racine » a été présenté le 13 octobre à l’Assemblée nationale.
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Pourquoi ce rapport fait-il parler cette semaine ? #
La question des écrans chez les tout-petits revient régulièrement dans le débat public. Mais ce rapport change d’angle. Selon la dépêche AFP reprise par CB News, il a été présenté mardi à l’Assemblée nationale et sera transmis aux équipes des candidats à l’élection présidentielle.
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Son point de départ est simple : la plupart des parents savent déjà que les écrans ne sont pas idéaux pour un jeune enfant. Le problème n’est pas l’information, c’est le quotidien. Quand on est seul avec un bébé, fatigué, sans endroit où aller, l’écran devient une solution de dépannage.
« L’isolement des jeunes parents, c’est un des gros facteurs qui fait qu’à la fin, ils ont recours aux écrans », explique Thomas Villemonteix, cité par l’AFP.
Combien de temps les tout-petits passent-ils devant un écran ? #
Les auteurs rappellent qu’à trois ans, environ un enfant sur dix est déjà exposé plus de deux heures par jour aux écrans. Ce chiffre est cité par Thomas Villemonteix dans la dépêche de l’AFP.
Le rapport insiste aussi sur les inégalités. D’après la synthèse publiée par PèreLaFouine, l’exposition varie fortement selon le milieu social et le niveau de diplôme des parents, notamment pour la présence d’un écran dans la chambre de l’enfant.
Le message n’est pas de culpabiliser les familles, mais de constater que toutes n’ont pas les mêmes alternatives à portée de main.
Que propose concrètement Terra Nova ? #
Des lieux pour jouer, à moins d’un quart d’heure à pied
Première piste : multiplier les endroits où l’on peut jouer sans écran. Le rapport propose de doubler le nombre de ludothèques, qui sont environ 1 500 aujourd’hui, dès 2027. Il suggère aussi d’ouvrir des cours d’école aux familles le samedi et d’étendre aux week-ends les lieux d’accueil enfants-parents (LAEP).
L’objectif affiché : qu’un lieu de jeu se trouve à moins d’un quart d’heure à pied de chaque domicile.
Rompre l’isolement des jeunes parents
Deuxième piste : créer, après la naissance, des groupes d’entraide entre jeunes parents, mis en relation par la PMI, comme cela se fait au Danemark. L’idée est que des parents qui vivent la même étape au même moment puissent se retrouver, échanger et sortir de chez eux.
Le rapport propose aussi une visite de la PMI entre six et neuf mois pour un premier enfant, centrée sur les pratiques qui favorisent le développement, en particulier le langage.
Parler autrement des écrans aux parents
Troisième piste : changer de ton. Plutôt que des messages d’alerte, les auteurs plaident pour des conseils positifs et des solutions concrètes, diffusés là où les parents se trouvent, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux.
Mettre les plateformes à contribution
Enfin, le rapport vise les plateformes et certains produits. Il propose un court message de prévention avant une vidéo pour jeunes enfants lancée après 19 h 30, et l’interdiction des publicités pour les tablettes destinées aux nourrissons et pour les supports de smartphone de poussette.
Est-ce que quelque chose change dès maintenant pour les familles ? #
Non. Il s’agit de propositions d’un think tank, pas d’une loi ni d’un décret. Le coût estimé, environ 200 millions d’euros par an à terme, est une projection des auteurs. Rien n’a été décidé à ce stade.
« Ça changerait la vie de beaucoup de familles », estime Florent de Bodman, cité par l’AFP. Reste à savoir si ces idées seront reprises dans les programmes de la campagne présidentielle.
Que peut-on en retenir à la maison ? #
Le rapport a un mérite pour les parents : il rappelle que l’écran est souvent la conséquence d’un manque, pas un choix éducatif. Repérer ce qui manque permet d’agir à son échelle.
Renseignez-vous sur la ludothèque ou le lieu d’accueil enfants-parents le plus proche : votre mairie ou votre CAF peut vous orienter. Ces lieux sont souvent peu connus, alors qu’ils permettent à la fois de faire jouer l’enfant et de croiser d’autres parents.
Si vous vous sentez isolé après une naissance, la PMI de votre secteur est un bon point de départ. Elle peut vous orienter vers des rencontres entre parents ou des ateliers près de chez vous.
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Et pour les moments où l’écran semble inévitable, l’essentiel est de pouvoir proposer autre chose : un panier de jouets simples, un livre, une sortie courte. Ce sont ces alternatives que le rapport voudrait rendre accessibles à toutes les familles.
Questions fréquentes #
Qui a écrit le rapport de Terra Nova sur les écrans ?
Thomas Villemonteix, maître de conférences en psychologie, et Florent de Bodman, cofondateur et directeur général de l’association 1001mots.
Les propositions sont-elles déjà appliquées ?
Non. Ce sont des propositions, transmises aux équipes des candidats à l’élection présidentielle. Aucune n’est en vigueur.
Qu’est-ce qu’un lieu d’accueil enfants-parents ?
C’est un lieu où un parent vient avec son jeune enfant pour jouer, rencontrer d’autres familles et échanger avec des accueillants. Votre CAF ou votre mairie peut vous indiquer le plus proche.




